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Rétrospective 2014: chronique sur "Les chèvres musicales"

Pierre-Kaloyann Atanassov —
La chèvrerie Honnoré à Lançon-de-Provence

La chèvrerie Honnoré à Lançon-de-Provence

En juillet 2014, le trio Atanassov participe au festival "Musique à la ferme", à Lançon-de-Provence. Dirigé par le pianiste Jérémie Honnoré, ce festival se tient dans un lieu pour le moins insolite, puisque les concerts ont lieu dans une chèvrerie.

Un hangar abritant des chèvres, des poules et du matériel agricole, se transforme tous les mois de juillet en salle de concert: une scène y est montée, sur laquelle trône un piano à queue, des rangées de sièges sont installées. Si pendant la journée, chaleur, mouches et caquètements de poules en furie rendent toute tentative de répétition un brin hasardeuse, le soir, le calme envahit la grange à l'heure du concert. Et l'acoustique est remarquable! L'éclairage, digne d'une vraie salle de spectacle, créée une ambiance des plus chaleureuses. L'ingénieur du son (tous les concerts sont enregistrés) vaporise de l'insecticide sur ses micros: l'année passée, il a passé trop de temps à supprimer les bruits d'insectes venant s'y poser. L'atmosphère devient même irréelle lorsque le concert se déroule à la lumière de trois lampes-tempête (le 20 juillet), un orage ayant coupé l'électricité dans la région deux heures auparavant.

Un cadre insolite, donc, qui m'a inspiré une chronique à la manière de l'acteur et humoriste Stéphane de Groodt... en voici le texte intégral!

prochaine édition du festival Musique à la ferme: du 15 au 25 juillet 2015, site internet: http://musiquealaferme.jimdo.com/

 

Musique à la ferme

Vous le savez sans doute, et si vous ne le savez pas, sachez que ceux qui vous disent «nous le savons » viennent sûrement de Marseille, mais Stéphane de Groodt, fabricant à la chaîne de jeux de mots cryptés, qui faisait décoder les audiences de Canal +, à tiré sa révérence et rêve d’errance (et d’air frais, aussi). Bref, il s’est tiré vers la Hanse, où il est arrivé Lübeck enfariné avec un Rostock de vannes pourries à écouler. Il est arrivé à bon port, et sachez, si vous commencez à perdre vos repères, qu’il aurait établi le sien dans les cales d’Hambourg - un domaine où il excelle, d’ailleurs.
Sollicité par mes soins, il a accepté d’écrire gracieusement – sans aucune contrepèterie financière, donc – une chronique, sur les Chèvres Musicales et son directeur, Jérémie Honnoré à qui il a rendu visite à Lançon de Provence.
Voici le récit de cette visite :
C’est un vieux bouc qui m’accueille à la gare d’Aix TGV. Je lui serre la patte, il m’emmène au parking où il a garé son bique-up Chèvrolet. A l’intérieur du bique-up du bouc règne une terrible odeur de b… enfin ça sentait pas la rose, quoi. Autant vous dire que l’odeur du bouc-m’écoeure. D’ailleurs il y avait fort à parier que cette puanteur attirerait des mouches, qui se mettent à envahir l’habitacle. Excédé, Papy-bêle, mais je lui dis que ce n’est pas la peine d’en faire un fromage et l’attrape par la barbichette. Ca le fait rire, il reçoit donc une tapette, dont je me saisis pour venir à bout des mouches.
Après avoir fait la route d’une traite, on arrive à la ferme.
Dans la cour, un porcelet, deux chèvres, trois pâtres et un canard, qui s’est cassé dans un coin, derrière une antique Renault 4-chevreaux. Je sonne. La porte de la ferme s’ouvre et je me retrouve face à Jérémie Honnoré, en chèvre en os !
Il m’offre à boire un canon, mais me sert de la biquette, le genre de canon qui vous donne envie de fuguer. Ce n’était pas encore l’heure de la strette, s’excuse-t-il, sans quoi il m’aurait offert du bon lait frais.
Il m’explique que les Chèvres Musicales sont une sorte d’Académie musicale, un Conchèvratoire de Musique pour caprins, et me propose de rencontrer ses pensionnaires.
Là, une chèvre rêve de chanter du bêle canto dans le futur auditorium de l’île Seguin, plus loin une autre qui prépare le concours Bellan… Un jeune bouc répète un air de « Notre-Dame de Paris » : bêêêêlle…... c’est un mot qu’on dirait inventé pour elle… je m’exclame alors : Quel talent biquet !
D’autres adorent aussi le cinéma : une chèvre s’est même fait un book et espère passer des castings. Une autre chèvre-rit en regardant le célèbre film du même nom avec Depardieu et Pierre Richard, où l’on voit constamment Pierre chuter – ou roche-choir si vous passez par Barbès. (Pour Chèvres-Babylone, changez à Pis-galleux)
Plus loin, une chèvre lit un conte très connu d’Alphonse Daudet sur son ordinateur MacBouc… un conte triste puisque Biquette-y-périt.
La plupart de ces chèvres musiciennes aiment l’escalade et ne sont jamais aussi à l’aise que les pattes sur le rocher pour chanter du Schubert, un homme qui avait la musique chevrier au corps...
Soudain une chèvre s’insurge et se met en grève. En cause, une réforme arbitraire instaurant un temps de carence allongé entre chaque traite, qui risque d’encorner son statut d’intermittente : toutes les tentatives pour ménager la chèvre échouent, elle ne désarme pas et reçoit même le soutien d’Olivier Py (Pis), qui ne rate jamais une occasion de se traire et déclare qu’aujourd’hui, un salaire de bouc est misère.
Mais les chèvres les plus ambitieuses sont celles qui rêvent d’embrasser une carrière de chèvre d’orchestre (ou de bouc d’orchestre si ce sont des mâles). Ces biques-hardies, prêtes à travailler comme des bêtes de Somme, la patte-calée sur un podium, ne manquent pas de bravitude, comme on dit à Melle, dans le département des Deux-Chèvres. Car il faut dire que la situation des femelles chèvres d’orchestre va souvent de mâle en pis, oui en pis, puisqu’il faut bien allaiter les petits chevreaux et "assurer le S.A.V".
Heureusement les soirs de concert, le chevreau-sitting s’organise spontanément dans les familles et les petits sont gardés par leur tante, ce qui renforce les relations chevreau-tante.
La solidarité ne s’arrête pas là : pour aider les chèvres overbookées, il y a un service de nourrices, une sorte de bureau d’allaitement, que Jérémie me fait visiter. En y pénétrant je fais remarquer qu’une odeur de sein-tété règne dans ce bureau.
- Non, c’est plutôt le bureau des pis-tétés, corrige-t-il.
- Le bureau des Pis-T.T. ? répété-je. Mais quel timbré irait écrire aux biques ?
Il me tend alors un crayon de papier.
Comprenant que ce quiproquo risque de nous rendre chèvre, je lui dis de ne pas s’en faire, et que je posterai les Lettres de mon Moulin, même si je n’ai pas de moulin.
Sur ce, alors que je regarde les chèvres allaiter, je comprends qu’il est temps que je m’allaite à mon tour.
C’est donc ainsi que s’achèvre ma chronique à la de Groodt… de bique.

Pierre-Kaloyann Atanassov, juillet 2014

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Back from Meersburg

Back from Meersburg, we played in the wonderful "Neues Schloss".
Just enjoy the pictures!

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Nouveau Site!

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Bonjour à tous, nous lançons notre nouveau site internet!

Rendez-vous sur www.trioatanassov.com

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